SHADI FATHI

Virtuose du setâr, luth à manche long, Shadi Fathi perpétue l’héritage millénaire de la musique classique persane par une expérience de concertiste au long cours (réalisant dès 1992 son premier concert solo à l’âge de 15 ans) et par un lumineux sens de l’improvisation. Disciple du grand maître Dariush Talaï à Téhéran, elle maîtrise également les instruments à cordes traditionnels tels que le târ ou le shourangiz et fait vibrer sa sensibilité sur des percussions digitales comme le zarb ou plus particulièrement le daf, avec un style de jeu dans la lignée de la confrérie Ghâderiyeh du Kurdistan Iranien.

Installée en France depuis 2002 et retournant régulièrement en Iran, cette artiste confronte dès lors sa musicalité fleurie aux esthétiques européennes et méditerranéennes, multipliant les collaborations sur disques et sur scène (600 représentations depuis 2009) et nourrissant son imaginaire sonore de la langue du poète persan Hâfez ou de celle du contemporain argentin Roberto Juarroz tout autant que par les écrits du cinéaste iranien Abbas Kiarostami ou ceux du peintre français Henri Matisse. Avec ces inspirations tutélaires, elle tisse ce fil ténu qui, d’un trait, d’un mot, d’un regard ou d’une note, transperce la beauté et contient dans l’infini détail la puissance de l’universalité. Sa musique navigue dans ses sources vives, de celles qui, fidèles à la poésie soufie, permettent de voir le monde dans une goutte d’eau.

BIJAN CHEMIRANI

Prolongeant une illustre saga familiale, Bijan Chemirani s’est initié au maniement délicat de l’ancestral zarb iranien grâce à son père Djamchid, véritable institution et dépositaire de la tradition orale de la musique persane, et par son frère Keyvan avec lesquels il forme le prestigieux Trio Chemirani. Né en France, le benjamin de la famille a gagné au fil des ans ses galons de maître du tombak – l’autre nom du zarb – avant de renouveler les terrains de jeu des percussions persanes en portant ses polyrythmies au coeur des répertoires méditerranéens. Au gré de ses multiples compagnonnages avec Ross Daly, Socrates Sinopoulos, Renaud Garcia Fons, Stelios Petrakis, Juan Carmona, Amina Alaoui (…) et dans les collectifs Oneira ou Fora Bandit , il a su enrichir son univers musical en apprivoisant les résonnances du bendir, du cajòn et du riqq mais aussi les mélodies raffinées des instruments à cordes patrimoniaux tels que le târ, le saz ou le kamânche. Et sa curiosité insatiable décuplée par une indéniable ouverture sur le monde l’ont propulsé bien plus loin, dans des aventures éclectiques auprès du violoncelliste Jean Guihen Queyras, du jazzman américain Chico Freeman, du guitariste rock Serge Teyssot-Gay et même de la pop-star anglaise Sting. Un cheminement hors-norme pour un artiste façonné par les explorations rythmiques et les itinérances poétiques.